introduction à l'éducation au changement climatique

Le changement climatique est l’enjeu le plus vaste et complexe confrontant l’humanité aujourd’hui. C’est essentiel de mieux outiller les jeunes pour relever ce défi et de faire appel à leur énergie, à leur créativité et à leur motivation pour nous aider tous à œuvrer vers un but commun.

L’éducation est essentielle à la réaction mondiale et nationale au changement climatique : elle peut être considérée comme un multiplicateur des forces. Elle joue le rôle de force motrice et de catalyseur pour tous les principaux paramètres du développement : santé et bien-être, moyens de subsistance suffisants, sécurité économique et plein développement du potentiel humain…L’éducation influence la trajectoire d’une personne pendant plusieurs décennies et, sur le plan collectif, elle détermine la tracée de la société elle-même (Forum économique mondial, 2017)

Toutefois, pour que l’éducation au changement climatique soit efficace et utile, les enseignants doivent être bien outillés pour relever le défi.

Selon un récent rapport, intitulé Canada, changement climatique et éducation : Possibilités en matière du système d’éducation formel et de l’éducation du public, au Canada, le changement climatique est surtout enseigné de la 7e à la 12e année, et ce,  pendant les cours liés à la science.  Une approche interdisciplinaire à l’égard de ce sujet est préférable puisque le changement climatique n’est pas un phénomène purement écologique ou scientifique; ses vastes retombées et nos efforts pour y remédier et s’y adapter exigent un engagement reposant sur des fondements et processus sociaux, politiques et culturels (Selby & Kagawa, 2013). Par conséquent, l’éducation au changement climatique exige non seulement une cadre interdisciplinaire en vertu duquel les sciences naturelles permettront l’enseignement des systèmes climatiques et les sciences sociales apprendront aux élèves à devenir des agents du changement et à se familiariser avec les processus leur permettant de partager leurs perspectives, notamment les pratiques traditionnelles ou les réactions émotionnelles aux réalités existentielles de la crise climatique. Sur le plan des bonnes nouvelles, dans le rapport intitulé Canada, changement climatique et éducation : Possibilités en matière du système d’éducation formel et de l’éducation du public, la majorité des enseignants (75 % des éducateurs faisant partie de l’échantillon fermé 81 % de ceux inclus dans l’échantillon ouvert) croient que l’enseignement du changement climatique incombe à tous les enseignants et ils appuient la création d’un réseau interdisciplinaire.

Bien que le changement climatique constitue un défi de taille pour les éducateurs, ce défi leur présente également d’excellentes occasions de favoriser l’évolution de la profession pour aider les élèves à acquérir une compréhension approfondie des enjeux et à contribuer à la quête de solutions dans leur école et leur communauté.

Notre compréhension du changement climatique et de ses répercussions exige celle de nombreux systèmes interreliés (ex. : environnement physique, écosystèmes et société humaine) qui transcendent les limites traditionnelles du sujet. La nature de ce problème complexe exige un apprentissage approfondi qui a non seulement pour effet d’élargir les connaissances des élèves au sujet du changement climatique, mais qui se penche aussi sur leurs valeurs, leur notion de l’espace, leurs sentiments de responsabilité et leurs capacités d’amener le changement. 

La nature de ce problème complexe fournit des possibilités illimitées pour la pensée critique, ce qui consiste notamment dans la dissection des divers systèmes, dans le perfectionnement des compétences médiatiques et dans l’examen de sources d’information multiples pour accroître la compréhension des enjeux.

Les discussions entourant le changement climatique peuvent engendre des sentiments de crainte et d’anxiété et inciter les gens à se distancier du problème, ce qui pourrait les mené à s’en désengager, à le mettre en doute et même à le nier. L’apprentissage du changement climatique en classe doit aborder les effets psychologiques qui peuvent se manifester quand quelqu’un se familiarise avec la gravité et l’urgence du problème et réagir à ces effets.

La première étape pour atténuer les craintes consiste à créer une culture de confiance dans votre salle de classe, où les émotions sont respectées et où les élèves sont appuyés en vertu du processus d’acquisition du savoir. Ce guide est conçu pour être utilisé dans un cadre d’apprentissage inquisitif, antithèse de l’enseignement traditionnel reposant sur la quête de la « bonne » réponse. Cette approche d’apprentissage respecte les expériences antérieures des élèves et les place au cœur de leur propre apprentissage. En présentant le processus d’apprentissage comme une démarche axée sur les solutions et sur l’action, et en permettant aux élèves d’exprimer leurs réactions émotionnelles à l’importante dégradation de l’environnement, on permet à ces derniers de gérer leurs émotions et on les aide à se sentir habilités à œuvrer vers un but, plutôt que de se sentir isolés, dépassés par les événements ou désespérés. 

Pour de nombreux enseignants, « l’espoir » est une notion complexe, car ils doivent à la fois être crédibles et honnêtes envers les élèves, tout en étant transparents à l’égard des plus récents rapports scientifiques et des conséquences d’une inaction collective. C’est pourquoi il est nécessaire, pour les enseignants, de comprendre le stade de développement des élèves et de mettre en œuvre une progression de l’apprentissage du changement climatique afin d’évaluer leur état de préparation. Un puissant point de départ, à tout âge, consiste à entretenir un « espoir actif », où l’espoir est décrit comme une intention, plutôt que d’être rattaché à la possibilité d’un résultat donné. Il va à l’encontre du statu quo ou de la tendance de jouer à l’autruche. L’espoir actif consiste à adopter une position reposant sur des idées et des projets qui favorisent l’avancement de visions pour un avenir positif.

L’enseignement du changement climatique exige une approche à plusieurs volets qui aborde directement les fausses idées prédominantes et favorise le questionnement critique des normes sociétales et des forces motrices culturelles. Parmi ces forces motrices, on retrouve la définition du progrès. Certaines des définitions incluent la notion de la croissance perpétuelle sur une planète limitée; le rôle de la science et de la technologie; la viabilité du capitalisme, du consumérisme et de l’exploitation de la nature; et des valeurs telles que la liberté, l’indépendance, le confort et la réussite. 

Le changement climatique doit être examiné de façon holistique, à l’aide d’une approche intégrée et transdisciplinaire qui tient compte de perspectives systémiques, évalue les incidences tant locales que mondiales, cultive des façons respectueuses d’aborder des positions opposées (comme le dialogue délibératif) et ouvre la voie à la prise de mesures collectives — toutes ces approches sont transférables et peuvent ainsi aider les élèves à développer leurs compétences dans d’autres domaines!

Il est important de gérer avec soin les renseignements délicats présentés dans ce guide, et il incombe aux éducateurs d’accompagner les élèves dans le processus visant l’acceptation et la compréhension des faits qui y sont présentés. C’est important de préparer mentalement les élèves avant de leur présenter des renseignements délicats et d’aborder leurs sentiments lourds. Un bon point de départ pourrait consister dans la présentation d’activités préliminaires qui établissent un climat de confiance dans la classe et créent un précédent en vertu duquel seuls les comportements respectueux seront acceptés. D’autres stratégies pour préparer les élèves pourraient leur permettre de se familiariser avec des méthodes pour composer et comprendre des notions difficiles et les encourager à traiter l’information à l’aide de leur pensée critique et de leur ouverture d’esprit. À cette fin, les éducateurs pourraient inciter les élèves à être conscients de leurs perspectives existantes à l’égard des enjeux présentés et les préparer à contester ces perspectives à l’aide d’analyses critiques.  

Activités préliminaires : 

  • Apprendre à connaître les élèves. Cela semble évident, mais la tenue de discussions difficiles repose grandement sur la compréhension des antécédents des élèves, de leurs attitudes, de leurs attentes et de leurs croyances 
  • Créer des feuillets d’information confidentiels, et facultatifs, pour poser des questions spécifiques aux élèves au sujet de la matière à discussion afin d’apprendre à mieux les connaître 
  • Réaliser une activité des Quatre coins
  • Travailler avec les élèves pour créer une Entente essentielle pour la classe, le tout dans le but de créer un climat sécuritaire et respectueux pour les discussions et les différends potentiels 
  • Informer les élèves à l’avance que la classe abordera des renseignements délicats pour leur donner le temps de se préparer mentalement. Utiliser une heuristique en V 

Principes pour les discussions sur le changement climatique : (ressource seulement en anglais)

  • Se préparer au ‘Partage du temps d’antenne’ : veiller à ce que tous ceux qui désirent s’exprimer aient l’occasion de le faire. À cette fin, l’enseignant peut guider jouer le rôle de modérateur pour guider la discussion ou utiliser un « objet donnant le droit de parole » (objet que l’élève tient pendant qu’il parle et qu’il transmet à une autre personne quand c’est son tour) 
  • Discuter de l’importance, pour les élèves, d’utiliser des « énoncés du Je », c’est-à-dire de parler pour eux-mêmes plutôt que de donner des conseils aux autres ou de tenter de résoudre leurs problèmes.  
  • Procéder à l’autogestion de votre santé : surveiller votre propre santé et bien-être et encourager les élèves à mettre en œuvre des stratégies d’adaptation si la matière devient trop lourde.