Au sujet de ce guide

Cette ressource a été conçue pour remédier aux lacunes en matière de connaissances et aux demandes de soutien qui sont ressorties de notre sondage national : Canada, changement climatique et éducation : Possibilités en matière du système d’éducation formel et de l’éducation du public, ainsi des commentaires d’enseignants qui ont assisté aux séances de perfectionnement professionnel de LST. Nous espérons qu’elle représentera une réponse accessible et complète pour les éducateurs canadiens et qu’elle munira les enseignants des renseignements et des outils nécessaires pour aborder l’enseignement du changement climatique dans leur salle de classe, quels que soient les sujets et les domaines du curriculum. Nous avons aussi grand espoir qu’elle incitera les jeunes à devenir des solutionnaires. 

 

« J’espère que le choc de cette pandémie sera suffisant pour sortir les gens de leur torpeur à l’égard d’enjeux tels que le changement climatique. J’espère que notre sentiment croissant d’urgence, de solidarité, d’optimisme entêté et d’autonomisation à passer à l’action peut être l’une des conséquences positives de cette terrible situation. » ~ Christiana Figueres, ancienne secrétaire exécutive de la Convention cadre de l’ONU sur les changements climatiques, architecte en chef de l’Accor de Paris sur le climat

Quand nous avons commencé à rédiger ce guide d’apprentissage par l’enquête sur le changement climatique à l’été de 2019, nous n’avions aucune idée de la venue de la COVID-19 ni de la façon dont cette pandémie allait changer notre vie en 2020 et par la suite. Même après les premières semaines du confinement, nous commençons tout juste à faire la distinction entre les changements qui seront permanents et ceux qui seront temporaires. C’est une période à la fois déroutante et incertaine.

En tant qu’éducatrice dans le domaine du changement climatique, j’ai été témoin de beaucoup de dissonance pendant cette période — oscillant entre la douleur éprouvée en raison des pertes subies et l’espoir de possibilités perturbatrices concernant de nouvelles façons de penser, notamment au sujet des émissions de carbone. En 2019, le mouvement d’action climatique semblait inarrêtable. Est-ce que la COVID-19 attisera ou freinera cet élan? Bien qu’il soit difficile de formuler des projections sur les façons d’aborder les priorités climatiques dans un monde qui se rétablit de la COVID-19, certains signes laissent présager des possibilités positives. 

Pour les jeunes, la pandémie représentera un moment marquant — un trait distinctif entre ‘avant’ et ‘après’. Les gens découvrent les conséquences de vivre dans une communauté où les droits et responsabilités individuels sont liés à la santé de la société en général. Les jeunes vivront différemment cette période de sacrifice personnel, selon la façon dont le virus a touché leur famille, oscillant entre des sentiments d’unité et de coopération à des sentiments d’anxiété ou de chagrin. Après la pandémie, les jeunes devront réfléchir à leur expérience pour comprendre les séquelles qu’elle aura laissées pour l’avenir. 

Cette réflexion sera non seulement importante pour leur santé mentale et leur bien-être, mais aussi pour l’examen des sujets scolaires de l’angle de la COVID-19. La pandémie a mis en question bon nombre des piliers des systèmes qui gouvernent la société et, par conséquent, elle représente un moment d’apprentissage critique, une occasion de négocier un virage et de réorienter ces systèmes pour qu’ils répondent mieux aux besoins des personnes et de la planète. La fin de la pandémie représente une occasion de réfléchir à de nouvelles façons de remédier aux émissions de carbone débridées et, de ce fait, aux perturbations climatiques débridées. 

En raison du confinement, on prévoit que les émissions de carbone diminueront de 4 à 8 pour cent, ou d’environ 2 000 mégatonnes de dioxyde de carbone, en 2020. Autrement dit,  le coronavirus pourrait donner lieu à la chute annuelle la plus importante d’émissions de dioxyde de carbone, plus importante encore que celle enregistrée pendant les crises économiques antérieures ou pendant les périodes de guerre.  Si 2020 donne lieu à une baisse de 5 pour cent des émissions de carbone, la période de confinement  correspondra à la réduction requise chaque année pour atteindre des émissions nettes nulles d’ici 2050. L’enjeu consistera à déterminer si ces réductions sont possibles par l’adoption de bonnes politiques, plutôt par l’imposition des règlements stricts en vigueur pendant la pandémie. 

Pendant la pause collective étrange causée par la COVID-19, nous pouvons déterminer notre avenir commun. À mesure que l’économie mondiale reprend des forces, commettrons-nous l’erreur d’accélérer la reprise des industries et projets à fortes émissions de carbone, éliminant ainsi la possibilité « d’aplanir la courbe » des émissions? Ou est-ce que les leaders politiques et financiers profiteront de cet événement historique sans précédent pour accélérer la transition énergétique pour favoriser une réduction radicale des émissions? À mesure que nous réintégrerons la société, les plans que nous mettons en œuvre détermineront la qualité de vie dont nous bénéficierons tous dans l’avenir 

J’ai pour espoir que nous saisirions collectivement cette occasion.

Avec optimisme entêté, 

Ellen Field

L’éducation au service de la Terre (LST) tient à reconnaître la présence durable des peuples autochtones sur les terres en face de Turtle Island, où cet ouvrage a été rédigé, et à remercier les gardiens passés, présents et futurs de ces terres. 

Cette ressource est l’aboutissement de nombreuses conversations et réflexions sur les pédagogies de l’apprentissage du changement climatique à l’aide d’une approche intersectorielle.  Sans le leadership, le soutien et les observations perspicaces de Pamela Schwartzberg, présidente et chef de la direction de LST, d’Elaine Rubinoff, directrice des programmes, et de Samantha Gawron, gestionnaires des programmes, cet ouvrage n’aurait pas vu le jour. LST tient à remercier The Cooperators pour avoir subventionné la création de cette ressource. Nous désirons aussi remercier Gia Spiropolous, étudiante à la maîtrise en éducation, qui nous a aidés à développer les idées de base de chaque thème inquisitif; Dre Karen Acton, de la faculté d’éducation de la Western University, pour avoir ajouté des indices visuels, formulé des commentaires sur le cadre de l’information et proposé de nombreuses stratégies pédagogiques; Tim McGregor et Theresa McGregor, pour avoir passé en revue le thème inquisitif Action climatique et décolonisation: perspectives autochtones, et de s’être assurés que ce thème est adapté aux particularités culturelles de ces peuples; Dre Susan Elliott, stratège de l’apprentissage, pour sa contribution au thème inquisitif de la santé humaine; Margaret Zyla, étudiante à la maîtrise en éducation à l’Université Lakehead et enseignante au secondaire auprès du conseil scolaire de district de Simcoe Muskoka, et Sapphire Giberson, étudiante à la maîtrise en éducation à l’Université Lakehead, pour avoir révisé plusieurs sections et suggéré des ressources; et David Israelson, conseiller en éducation, pour son expertise en rédaction et l’aide fournie pour présenter les thèmes dans le contexte de la COVID-19.

Ce guide sera hébergé en ligne pour qu’il puisse être mis à jour, adapté et modifié en fonction de l’évolution de nos connaissances et réactions à l’égard du changement climatique. Nous anticipons avec enthousiasme les méthodes que les enseignants du système d’éducation formel utiliseront pour habiliter les jeunes dans un monde en réchauffement!

Au sujet des auteurs

Dr. Ellen Field

Dre Ellen Field est professeure adjointe à l’Université Lakehead et titulaire d’une bourse postdoctorale de deux ans du Conseil de recherches en sciences humaines, intitulée Pedagogies for Uncertain times (Stratégies pédagogiques pour des temps incertains), grâce à laquelle elle dirige à un examen national du programme d’enseignement du changement climatique, faisant enquête sur les pratiques en matière d’éducation au moyen d’un sondage national effectué auprès des enseignants canadiens et d’autres parties prenantes. Dre Ellen Field est l’animatrice principale des ateliers de perfectionnement professionnel de L’éducation au service de la Terre à l’intention des enseignants, qui se penchent sur des stratégies transdisciplinaires, expérientielles et inquisitives adaptées aux divers stades de développement des élèves.

Jennifer Stevens

Jennifer Stevens est la gestionnaire de l’apprentissage, des recherches et des communications auprès de L’éducation au service de la Terre (LST). À ce titre, elle met en œuvre des programmes, effectue des recherches et intègre les idéaux d’un avenir viable au système scolaire canadien en œuvrant directement auprès des jeunes et en appuyant les parents et les enseignants. Jennifer détient une maîtrise en études de l’enfant et en éducation du Jackman Institute of Child Studies de l’Université de Toronto et un baccalauréat spécialisé en psychologie de l’Université Queen’s.

Dr. Karen Acton

Dre Karen Acton est une éducatrice possédant plus de 30 ans d’expérience aux niveaux élémentaire et secondaire en tant qu’enseignante de sciences, chef de département, directrice d’école et agente d’éducation auprès du ministère de l’Éducation. Dre Acton a obtenu son doctorat à l’OISE de l’Université de Toronto, ses recherches ayant porté sur la motivation, le soutien et les obstacles au leadership environnemental des enseignants. Elle a utilisé les connaissances acquises dans son rôle en tant que chef de la durabilité environnementale auprès de son conseil scolaire pour prôner la modification des politiques et des procédures et pour aider toutes les écoles à obtenir le statut d’éco-écoles. Dre Acton enseigne actuellement à la Western University et à l’OISE. Elle occupe aussi le rôle de conseillère auprès de L’éducation au service de la Terre, où elle met à profit sa passion pour accroître la sensibilisation à la justice climatique.